Catégorie : Sécurité

22 juillet 2026 /

Comment faire passer un seul site (ici x.com) par un VPN, et uniquement lui, pendant que tout le reste de la machine garde sa connexion directe ? C’est ce qu’on appelle un split-tunnel par domaine. Sous Linux, ça se résout élégamment avec un network namespace isolé, un proxy SOCKS et un fichier PAC dans le navigateur. Sous Android, la logique est différente (le VPN y est par application). Voici le guide complet, avec les pièges rencontrés en vrai et une section honnête sur les limites.

Pourquoi ce n’est pas trivial

On pourrait croire qu’il suffit d’activer le VPN et de « router x.com ». En pratique, plusieurs mauvaises pistes se referment vite :

  • VPN sur toute la machine + filtrage par IP : les grands sites sont derrière des CDN aux IP tournantes et partagées. On capterait trop (d’autres sites du même CDN) et pas assez (IP qui changent), et ça toucherait toutes les applications.
  • Network namespace ou VPN par application : ça fait passer toute une application par le VPN, pas un seul domaine.

La bonne approche combine deux idées : sélection par domaine côté navigateur (fichier PAC) et proxy dont la sortie est le VPN, le tout cloisonné pour éviter toute fuite si le tunnel tombe.

Le principe

┌─ Système principal (connexion directe) ───────────────────────┐
│  Firefox ──PAC── si domaine = x.com / twitter / t.co / twimg   │
│                    → proxy SOCKS,  sinon → DIRECT              │
│                         │                                      │
│                         ▼  10.200.200.2:1080 (veth)            │
│  ┌─ netns « vpnx » ─────────────────────────────────────────┐ │
│  │  proxy SOCKS5 ──► tun0 (OpenVPN) ──► x.com (via le VPN)   │ │
│  │  défaut = tun0 ; pas de route de secours = fail-closed    │ │
│  └──────────────────────────────────────────────────────────┘ │
└────────────────────────────────────────────────────────────────┘

Tout le VPN vit dans un namespace réseau dédié. Le système principal reste en direct ; seul ce qu’on envoie explicitement dans ce namespace (le trafic x.com relayé par le proxy) emprunte le VPN. La résolution DNS se fait dans le namespace, donc à travers le tunnel : pas de fuite DNS. Et si le VPN tombe, il n’y a plus de route de secours : le site échoue au lieu de fuiter (kill-switch par construction).

Prérequis

  • Une distribution type Ubuntu / Debian.
  • Un VPN fournissant une configuration OpenVPN (dans l’exemple : CyberGhost, profil « US », avec ca.crt / client.crt / client.key et un couple identifiant/mot de passe OpenVPN).
  • Les paquets openvpn et microsocks : sudo apt install openvpn microsocks

Partie 1 — Sur le PC (Linux)

Le script

Un seul script gère tout : up (monte le tunnel isolé + proxy + génère le PAC), down (démonte proprement) et status (compare l’IP directe et l’IP via le VPN). Adaptez les chemins OVPN_* et OVPN_HOST à votre fournisseur.

#!/bin/bash
set -uo pipefail
IFS=$'\n\t'

# --- Paramètres (à adapter) ---
NETNS="vpnx"
VETH_HOST="veth-x-h"; VETH_NS="veth-x-n"
HOST_IP="10.200.200.1"; NS_IP="10.200.200.2"; SUBNET="10.200.200.0/24"
SOCKS_PORT="1080"; DNS_NS="1.1.1.1"
OVPN_DIR="$HOME/cyberghost/us"            # dossier contenant openvpn.ovpn + certs
OVPN_CONF="$OVPN_DIR/openvpn.ovpn"
OVPN_HOST="us.exemple-vpn.net"            # nom du serveur (résolu en IP)
AUTH_FILE="$HOME/.config/vpn-x/cg-auth"   # 2 lignes : identifiant / mot de passe
RUN_DIR="/run/vpn-x"; OVPN_PID="$RUN_DIR/openvpn.pid"; SOCKS_PID="$RUN_DIR/microsocks.pid"
PAC_FILE="$HOME/vpn-x-proxy.pac"          # PAC hors dossier caché (cf. piège Firefox Snap)

priv() { sudo "$@"; }

generer_pac() {
  cat > "$PAC_FILE" </dev/null

  # 3. Forward + NAT (porte uniquement le trafic VPN chiffré)
  priv sysctl -q -w net.ipv4.ip_forward=1
  priv iptables -t nat -A POSTROUTING -s "$SUBNET" -o "$wan_if" -j MASQUERADE
  priv iptables -A FORWARD -s "$SUBNET" -o "$wan_if" -j ACCEPT
  priv iptables -A FORWARD -d "$SUBNET" -i "$wan_if" -m state --state RELATED,ESTABLISHED -j ACCEPT

  # 4. OpenVPN dans le namespace (remote épinglé en IP => reconnexion sans DNS)
  priv ip netns exec "$NETNS" openvpn --cd "$OVPN_DIR" --config "$OVPN_CONF" \
      --remote "$server_ip" 443 --auth-user-pass "$AUTH_FILE" --auth-nocache \
      --writepid "$OVPN_PID" --log "$RUN_DIR/openvpn.log" --daemon "openvpn-vpnx"

  # 5. Attente du tunnel
  local i
  for i in $(seq 1 30); do
    priv ip netns exec "$NETNS" ip -4 addr show tun0 2>/dev/null | grep -q "inet " && break
    sleep 1
  done

  # 6. Kill-switch : route serveur épinglée + suppression de la route de secours
  priv ip netns exec "$NETNS" ip route replace "${server_ip}/32" via "$HOST_IP"
  priv ip netns exec "$NETNS" ip route del default via "$HOST_IP" 2>/dev/null || true

  # 7. Proxy SOCKS5 dans le namespace
  priv ip netns exec "$NETNS" microsocks -i "$NS_IP" -p "$SOCKS_PORT" >"$RUN_DIR/microsocks.log" 2>&1 &
  sleep 1; pgrep -x microsocks | head -1 > "$SOCKS_PID"

  generer_pac
  echo "Prêt. PAC : file://$PAC_FILE"
}

action_down() {
  [[ -f "$SOCKS_PID" ]] && { priv kill "$(cat "$SOCKS_PID")" 2>/dev/null || true; priv rm -f "$SOCKS_PID"; }
  [[ -f "$OVPN_PID" ]]  && { priv kill "$(cat "$OVPN_PID")"  2>/dev/null || true; priv rm -f "$OVPN_PID"; }
  local wan_if; wan_if=$(ip route show default | awk '/default/ {print $5; exit}')
  priv iptables -t nat -D POSTROUTING -s "$SUBNET" -o "$wan_if" -j MASQUERADE 2>/dev/null || true
  priv iptables -D FORWARD -s "$SUBNET" -o "$wan_if" -j ACCEPT 2>/dev/null || true
  priv iptables -D FORWARD -d "$SUBNET" -i "$wan_if" -m state --state RELATED,ESTABLISHED -j ACCEPT 2>/dev/null || true
  priv ip netns del "$NETNS" 2>/dev/null || true
  priv ip link del "$VETH_HOST" 2>/dev/null || true
  priv rm -rf "/etc/netns/${NETNS}"
}

action_status() {
  echo -n "IP directe : "; curl -s --max-time 8 https://api.ipify.org; echo
  echo -n "IP via VPN : "; curl -s --max-time 12 --socks5-hostname "${NS_IP}:${SOCKS_PORT}" https://api.ipify.org; echo
}

case "${1:-}" in
  up) action_up ;; down) action_down ;; status) action_status ;;
  *) echo "Usage : $0 {up|down|status}" ;;
esac

Le fichier d’identifiants

Le script lit l’identifiant et le mot de passe OpenVPN depuis un fichier à deux lignes, en chmod 600 — jamais en dur dans le script :

mkdir -p ~/.config/vpn-x
printf '%s\n%s\n' "VOTRE_IDENTIFIANT_OPENVPN" "VOTRE_MOT_DE_PASSE" > ~/.config/vpn-x/cg-auth
chmod 600 ~/.config/vpn-x/cg-auth

Configurer Firefox (fichier PAC)

  1. Paramètres → Vie privée et sécurité → Sécurité logicielle et des connexions → Paramètres de Proxy → Configurer le proxy… (chemin des versions récentes de Firefox ; sur d’anciennes versions : Général → Paramètres réseau).
  2. Cocher « Adresse de configuration automatique du proxy (.pac) » et coller : file:///home/VOTRE_USER/vpn-x-proxy.pac
  3. Dans about:config, passer network.proxy.socks_remote_dns à true (résolution DNS côté proxy = anti-fuite).

⚠️ Piège Firefox Snap (Ubuntu récent). Le Firefox installé en Snap n’a pas accès aux dossiers cachés comme ~/.config/. Un PAC placé là est silencieusement ignoré, et le site part en direct sans erreur visible. Solution : mettre le PAC dans un chemin non caché du dossier personnel (ici ~/vpn-x-proxy.pac), accessible via l’interface Snap home.

Démarrage automatique au boot (systemd)

Pour ne jamais oublier de le lancer, un service systemd le monte après le réseau et le démonte à l’extinction. Il tourne sous votre compte (il élève via sudo) :

[Unit]
Description=Split-tunnel VPN pour x.com
After=network-online.target
Wants=network-online.target

[Service]
Type=oneshot
RemainAfterExit=yes
User=VOTRE_USER
Group=VOTRE_USER
Environment=HOME=/home/VOTRE_USER
ExecStart=/home/VOTRE_USER/scripts/vpn_x_split.sh up
ExecStop=/home/VOTRE_USER/scripts/vpn_x_split.sh down

[Install]
WantedBy=multi-user.target
sudo systemctl daemon-reload
sudo systemctl enable --now vpn-x.service
systemctl status vpn-x

Le mode oneshot + RemainAfterExit=yes laisse openvpn et microsocks tourner dans le cgroup du service ; systemctl stop tue tout proprement.

Vérifier que ça marche

La commande status doit montrer deux IP différentes (directe vs VPN). Pour confirmer que le navigateur route bien le bon domaine, on observe les connexions dans le namespace pendant qu’on charge le site :

# IP de sortie comparée
./vpn_x_split.sh status

# Connexions actives dans le tunnel (charger x.com dans Firefox d'abord)
sudo ip netns exec vpnx ss -tn state established

# Preuve côté proxy
tail -f /run/vpn-x/microsocks.log   # doit lister x.com / video.twimg.com …

En parallèle, une page « quelle est mon IP » ouverte dans Firefox doit afficher votre IP normale (le reste passe en direct), tandis que le trafic du site ciblé sort par l’IP du VPN.

Partie 2 — Sur Android

Sur Android, impossible de filtrer par domaine : l’API VPN est par application et exclusive (un seul VPN actif à la fois). L’équivalent réaliste, c’est de router une seule application (l’app du service, ou un navigateur dédié) dans le VPN.

Attention : le split-tunneling intégré de nombreux clients VPN (dont CyberGhost) fonctionne uniquement en mode exclusion (choisir les apps qui contournent le VPN). Pour n’envoyer que l’app voulue, il faudrait exclure toutes les autres : impraticable.

La solution : l’application OpenVPN for Android (d’Arne Schwabe — pas « OpenVPN Connect »), qui propose une liste « Allowed Apps » en mode inclusif.

Préparer un profil .ovpn mono-fichier

OpenVPN for Android importe plus facilement un .ovpn avec les certificats intégrés en ligne. On le fabrique à partir des fichiers de la configuration manuelle :

SRC=~/cyberghost/us
OUT=~/vpn-us-android.ovpn
grep -vE '^\s*(ca|cert|key)\s' "$SRC/openvpn.ovpn" > "$OUT"
{ echo "";   cat "$SRC/ca.crt";     echo ""
  echo ""; cat "$SRC/client.crt"; echo ""
  echo "";  cat "$SRC/client.key"; echo ""; } >> "$OUT"
chmod 600 "$OUT"

On n’intègre pas le mot de passe : l’app le demandera et le mémorisera. Transférez le fichier sur le téléphone par un canal privé (câble USB, partage réseau local…) — il contient votre clé privée.

Sur le téléphone

  1. Installer OpenVPN for Android (Play Store / F-Droid).
  2. Importer le .ovpn.
  3. Saisir identifiant / mot de passe OpenVPN (cocher « enregistrer »).
  4. Éditer le profil → onglet « Allowed Apps »désactiver « VPN utilisé pour toutes les applications sauf celles sélectionnées » pour basculer en mode inclusif (« VPN utilisé uniquement pour les applications sélectionnées ») → cocher uniquement l’app voulue.
  5. Se connecter en tapant sur le nom du profil.

Toujours actif : Android → Paramètres → VPN → ⚙️ → « VPN permanent ». Laissez « Bloquer les connexions sans VPN » désactivé : en mode inclusif, seule l’app ciblée passe par le tunnel, donc le lockdown couperait Internet à toutes les autres. Pensez aussi à passer l’app en batterie « sans restriction » pour que le système ne la tue pas.

Les pièges rencontrés (en vrai)

  • AUTH_FAILED avec CyberGhost : les profils .ovpn manuels utilisent des identifiants OpenVPN dédiés, différents du token du client CLI. Récupérez les bons depuis vos connexions VPN existantes (par ex. nmcli -s -g vpn.secrets connection show NOM pour le mot de passe, nmcli -g vpn.data … pour l’identifiant).
  • Firefox Snap + PAC ignoré : dossier caché inaccessible → PAC hors ~/.config (voir plus haut).
  • Redirection de log en échec : sous sudo, la redirection > fichier s’exécute côté utilisateur ; si le dossier appartient à root, elle échoue. On rend le dossier de run inscriptible (chown) avant de lancer les démons.
  • PID du proxy : sous sudo ip netns exec …, capturez le vrai PID avec pgrep -x microsocks plutôt que $! (qui pointe le wrapper).

Limites — à lire avant de se croire invisible

Ce montage fait une chose précise : faire sortir un site par une IP différente. Ce n’est pas de l’anonymat, et il faut être honnête sur ce qu’un VPN ne fait pas :

  • Si vous êtes connecté à un compte, l’IP ne change rien à votre identification par ce compte.
  • Le fingerprinting du navigateur/appareil vous identifie indépendamment de l’IP.
  • Le fournisseur VPN voit votre trafic sortant : vous déplacez la confiance, vous ne la supprimez pas (les promesses « no-log » sont des affirmations, pas des garanties vérifiables).
  • Un VPN ne change ni votre juridiction, ni l’historique déjà enregistré côté service avant sa mise en place.
  • Sur Android, c’est par application : si vous ouvrez le même service dans une autre app hors tunnel, l’IP réelle fuit.

Autrement dit : excellent pour la confidentialité au quotidien et le choix de l’IP de sortie ; insuffisant, à lui seul, pour un vrai objectif d’anonymat (qui relève d’outils et d’une discipline d’usage bien plus larges : Tor, cloisonnement strict des identités, etc.).

Conclusion

Avec un network namespace, un proxy SOCKS et un PAC, on obtient sur Linux un split-tunnel par domaine propre, avec kill-switch et démarrage automatique. Sur Android, on retombe sur du par application via OpenVPN for Android en mode inclusif. Deux approches différentes pour un même besoin — et surtout, une bonne compréhension de ce que ça protège… et de ce que ça ne protège pas.

19 juillet 2026 /

Dans l’article précédent, nous avons monté une pile Docker gluetun + Transmission sur un NAS Synology : les torrents passent par le VPN, et l’interface web répond en HTTP sur le port 9091. Ça fonctionne, mais en HTTP clair — acceptable sur le réseau local, rédhibitoire dès qu’on veut y accéder depuis l’extérieur.

Ce second article ajoute la couche qui manque : un accès HTTPS avec un vrai certificat Let’s Encrypt, valable aussi bien en local que depuis Internet, du type https://nas.example.com:9092. Le tout sans jamais exposer le port 80 du NAS, grâce à la validation DNS.

Vue d’ensemble

Quatre briques :

  1. Un nom DNS qui pointe vers votre IP publique (ici nas.example.com, zone hébergée chez OVH) ;
  2. Un certificat Let’s Encrypt obtenu par acme.sh en validation DNS-01 via l’API OVH, et importé automatiquement dans DSM ;
  3. Le reverse proxy intégré à DSM (nginx), qui termine le HTTPS sur le port 9092 et retransmet en clair vers Transmission sur localhost:9091 ;
  4. Une redirection de port sur la box pour l’accès externe.
Internet ──► box (9092) ──► NAS:9092 ── nginx DSM (HTTPS, certificat) ──► localhost:9091 ──► Transmission

Transmission lui-même ne sait rien de tout ça : il continue d’écouter en HTTP sur 9091. C’est le reverse proxy qui porte le chiffrement — et le même mécanisme resservira pour n’importe quel autre service web du NAS.

Pourquoi la validation DNS-01 plutôt que HTTP-01 ?

Pour délivrer un certificat, Let’s Encrypt doit vérifier que vous contrôlez le nom demandé. Deux méthodes :

  • HTTP-01 : Let’s Encrypt vient chercher un fichier sur http://nas.example.com/.well-known/... → il faut exposer le port 80 du NAS sur Internet. Souvent impossible (le port 80 de la box est déjà pris ou translaté vers autre chose) et jamais souhaitable ;
  • DNS-01 : acme.sh dépose un enregistrement TXT temporaire dans la zone DNS via l’API du registrar, Let’s Encrypt le lit, le certificat est délivré. Aucun port à ouvrir, et ça permet même les certificats wildcard.

DNS-01 est donc la bonne méthode dès que votre registrar a une API — c’est le cas d’OVH, et acme.sh sait parler à des dizaines d’autres (Cloudflare, Gandi, etc.).

1. Le nom DNS

Dans la zone OVH, créez un enregistrement A pointant vers votre IP publique :

nas.example.com.    A    203.0.113.10

Si votre IP publique est dynamique, utilisez le DynHost d’OVH (ou le client DDNS de DSM) pour maintenir l’enregistrement à jour. Vérifiez avant de continuer :

nslookup nas.example.com    # doit renvoyer votre IP publique

2. Installer acme.sh sur le NAS

acme.sh est un client ACME en pur shell, sans dépendance — parfait pour un Synology. Un point important : installez-le sur un volume de données (/volume1), pas dans /root. Le home de root vit sur la partition système, reconstruite lors des grosses mises à jour DSM ; un volume de données, lui, survit à tout.

cd /volume1/docker        # ou tout autre dossier de /volume1
wget -O acme.sh.tar.gz https://github.com/acmesh-official/acme.sh/archive/master.tar.gz
tar xzf acme.sh.tar.gz && cd acme.sh-master
./acme.sh --install --home /volume1/docker/acme.sh --nocron

Le --nocron est volontaire : le cron d’acme.sh a besoin d’un environnement particulier sur Synology, on le créera à la main à l’étape 5.

⚠️ Piège Synology : /tmp est monté noexec. Si un script refuse de s’exécuter depuis /tmp avec « Permission denied », lancez-le via sh script.sh ou depuis /volume1.

3. Le jeton API OVH

Rendez-vous sur https://eu.api.ovh.com/createToken/ et créez un jeton avec uniquement les droits nécessaires à la gestion de zone :

GET     /domain/zone/*
PUT     /domain/zone/*
POST    /domain/zone/*
DELETE  /domain/zone/*

Principe du moindre privilège : ce jeton ne peut toucher qu’aux zones DNS, pas au reste de votre compte OVH. Vous obtenez trois valeurs (application key, application secret, consumer key) à exporter avant la première émission :

export OVH_END_POINT=ovh-eu
export OVH_AK=votre_application_key
export OVH_AS=votre_application_secret
export OVH_CK=votre_consumer_key

acme.sh les enregistre dans sa configuration (account.conf) au premier usage — les exports ne servent qu’une fois. Ne mettez jamais ces valeurs dans un script versionné.

4. Émettre le certificat et l’importer dans DSM

Émission (validation DNS-01 chez OVH, CA Let’s Encrypt) :

/volume1/docker/acme.sh/acme.sh --home /volume1/docker/acme.sh \
  --issue --dns dns_ovh \
  -d nas.example.com \
  --server letsencrypt

Deux à trois minutes plus tard (le temps de la propagation du TXT), le certificat est dans /volume1/docker/acme.sh/nas.example.com_ecc/. Reste à l’importer dans DSM — et c’est là qu’acme.sh brille : son hook de déploiement synology_dsm utilise l’API locale de DSM pour installer le certificat proprement, comme si vous l’aviez fait dans l’interface :

export SYNO_USE_TEMP_ADMIN=1
export SYNO_CREATE=1
export PATH=/usr/syno/sbin:/usr/syno/bin:$PATH
/volume1/docker/acme.sh/acme.sh --home /volume1/docker/acme.sh \
  --deploy -d nas.example.com \
  --deploy-hook synology_dsm

Trois subtilités qui font tout marcher :

  • SYNO_USE_TEMP_ADMIN=1 : le hook crée un compte administrateur temporaire le temps du déploiement, puis le supprime. Pas besoin de stocker votre mot de passe DSM dans un fichier ;
  • SYNO_CREATE=1 : indispensable au premier déploiement. Par défaut, le hook cherche un certificat existant à remplacer dans DSM ; s’il n’y en a pas encore, il échoue avec Unable to find certificate: and $SYNO_CREATE is not set. Cette variable l’autorise à créer l’entrée ;
  • le PATH doit inclure /usr/syno/sbin et /usr/syno/bin : le hook s’appuie sur les commandes Synology (synouser…) qui n’y sont pas par défaut sous sudo. Sans ça, échec silencieux.

Le certificat apparaît alors dans DSM → Panneau de configuration → Sécurité → Certificat.

5. Le renouvellement automatique

Un certificat Let’s Encrypt dure 90 jours ; acme.sh renouvelle à 60 jours, à condition d’être lancé régulièrement. Ajoutez cette ligne dans /etc/crontab du NAS (en root) — avec l’environnement complet, cron étant encore plus pauvre en PATH qu’un shell sudo :

0  3  *  *  *  root  PATH=/usr/syno/sbin:/usr/syno/bin:/usr/bin:/bin HOME=/volume1/docker/acme.sh SYNO_USE_TEMP_ADMIN=1 /volume1/docker/acme.sh/acme.sh --home /volume1/docker/acme.sh --cron

Tous les jours à 3 h, acme.sh vérifie l’échéance ; le jour venu, il renouvelle en DNS-01 et redéploie dans DSM via le hook, sans aucune intervention. Testez le circuit complet une fois :

/volume1/docker/acme.sh/acme.sh --home /volume1/docker/acme.sh --cron --force

6. Le reverse proxy DSM

DSM embarque nginx et une interface pour le piloter : Panneau de configuration → Portail de connexion → Avancé → Proxy inversé. Créez une règle :

Source (ce que voit le client) Destination (le service réel)
Protocole HTTPS HTTP
Nom d’hôte nas.example.com localhost
Port 9092 9091

À la création de la règle, DSM lui associe automatiquement le certificat par défaut du NAS (souvent l’auto-signé Synology) — d’où le cadenas barré si vous testez tout de suite. Associez donc le bon certificat à la règle : Sécurité → Certificat → Paramètres, et en face du service nas.example.com:9092, sélectionnez le certificat fraîchement importé.

⚠️ Résistez au bouton « Définir comme certificat par défaut » : il réassigne d’un coup tous les services de DSM au même certificat, y compris ceux qui ne doivent pas changer (QuickConnect utilise le sien, par exemple), et peut laisser nginx dans un état incohérent — vécu : connexions Secure SignIn mobiles cassées jusqu’à re-toucher une liaison de certificat pour forcer DSM à régénérer sa configuration. Assignez service par service, c’est deux clics de plus et zéro mauvaise surprise.

7. Le cas particulier d’un service derrière gluetun

Si le service cible est dans un conteneur attaché à gluetun (notre Transmission, donc), le reverse proxy renverra une erreur 502 avec la configuration gluetun par défaut : son pare-feu bloque les flux venant de l’hôte en dehors du tunnel. La solution est dans le compose du premier article :

- FIREWALL_OUTBOUND_SUBNETS=192.168.1.0/24,172.18.0.0/16

Cette ligne autorise gluetun à répondre au réseau local (et au réseau Docker du projet) hors tunnel — uniquement ces destinations-là, le reste du trafic continue de passer par le VPN.

8. L’accès externe

Dernière brique : sur la box/routeur, redirigez le port 9092 (TCP) vers l’IP du NAS, port 9092. Et c’est tout — surtout, ne redirigez pas le 9091 : le seul chemin depuis Internet doit être celui qui passe par le HTTPS du reverse proxy.

Résultat : https://nas.example.com:9092 fonctionne du canapé comme de l’autre bout du monde, avec un cadenas valide, l’authentification de Transmission par-dessus, et un renouvellement de certificat entièrement automatique.

Récapitulatif des pièges

Piège Symptôme Solution
HTTP-01 derrière une box Validation impossible, port 80 pris/translaté Validation DNS-01 via l’API du registrar
acme.sh dans /root Installation perdue après grosse mise à jour DSM Installer sur /volume1
/tmp monté noexec « Permission denied » sur un script pourtant exécutable Lancer via sh script.sh ou depuis /volume1
PATH sans /usr/syno/sbin Le hook synology_dsm échoue (sudo et cron) Préfixer PATH dans la commande et le crontab
Mot de passe DSM dans la conf Secret stocké en clair SYNO_USE_TEMP_ADMIN=1 (admin temporaire jetable)
Premier déploiement du certificat Unable to find certificate SYNO_CREATE=1 (le hook ne crée pas d’entrée par défaut)
« Définir comme certificat par défaut » Tous les services réassignés, état nginx incohérent Assigner le certificat service par service
Service derrière gluetun Reverse proxy en erreur 502 FIREWALL_OUTBOUND_SUBNETS dans le compose
Port 9091 redirigé sur la box Interface accessible en HTTP clair depuis Internet N’exposer que le 9092 (HTTPS)

Conclusion

Avec le premier article, les torrents passaient par le VPN. Avec celui-ci, l’interface est servie en HTTPS avec un certificat valide, renouvelé tout seul, accessible de l’extérieur sans exposer un seul octet en clair. Le schéma reverse proxy + certificat est réutilisable à l’identique pour tous les services web du NAS : une règle de proxy inversé et une liaison de certificat par service, et c’est tout le NAS qui parle proprement HTTPS.

28 juillet 2020 /

On commence par placer nos documents à chiffrer dans une archive, nommée par exemple repertoire.tar.

Puis pour chiffrer l’archive on tape la commande suivante:

openssl aes-256-cbc -salt -pbkdf2 -in repertoire.tar -out repertoire.tar.enc

Cela va chiffrer l’archive avec openssl en AES-256.
Un mot de passe sera demandé.

Pour effectuer l’opération inverse :

openssl aes-256-cbc -d -salt -pbkdf2 -in repertoire.tar.enc -out repertoire.tar
24 janvier 2019 /

Le 22 janvier 2019, Debian a publié un avis de sécurité (Référence: CERTFR-2019-ALE-001) indiquant que leur gestionnaire de paquets était vulnérable à une injection de code.

Par défaut, les mises à jour sont récupérées en HTTP. Toutefois des vérifications sont effectuées en local afin de vérifier l’intégrité des fichiers récupérés.

Un attaquant en position d’intercepteur actif (Man In The Middle) peut injecter un paquet malveillant qui sera considéré comme valide. Cette vulnérabilité n’est présente que dans le cadre de l’utilisation de redirections par APT.

Le logiciel APT s’exécute avec un niveau de privilège élevé, une attaque réussie garanti donc à l’attaquant une compromission totale du système.

Il s’agit donc d’une vulnérabilité sérieuse, d’autant plus qu’elle impacte directement le mécanisme de mise à jour. Il est nécessaire d’appliquer le correctif tout en minimisant les risques d’exploitation.

Uniquement dans le cadre de cette mise à jour, Debian recommande de désactiver les redirections par les commandes suivantes:
apt -o Acquire::http::AllowRedirect=false update
apt -o Acquire::http::AllowRedirect=false upgrade

Toutefois, cela peut ne pas fonctionner lorsque l’on est placé derrière un proxy et que l’on cherche à atteindre le miroir security.debian.org.

Dans ce cas, il est possible d’utiliser la source suivante : http://security-cdn.debian.org/debian-security/

Si la mise à jour d’APT sans la désactivation des redirections est impossible, il est alors recommandé de télécharger manuellement le paquet. Il convient ensuite d’effectuer la vérification d’intégrité avant de l’installer.

Source

22 janvier 2019 /
1. Format SSH2 (exemple complet)
---- BEGIN SSH2 PUBLIC KEY ----

Comment: "rsa-key-20160402"
AAAAB3NzaC1yc2EAAAABJQAAAgEAiL0jjDdFqK/kYThqKt7THrjABTPWvXmB3URI
pGKCP/jZlSuCUP3Oc+IxuFeXSIMvVIYeW2PZAjXQGTn60XzPHr+M0NoGcPAvzZf2
u57aX3YKaL93cZSBHR97H+XhcYdrm7ATwfjMDgfgj7+VTvW4nI46Z+qjxmYifc8u
VELolg1TDHWY789ggcdvy92oGjB0VUgMEywrOP+LS0DgG4dmkoUBWGP9dvYcPZDU
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VVb37Xwe3V6U3o9UnQ3ADtL75DbrZ5beNWcmKzlJ7jVX5QzHSBAnePbBx/fyeP/f
144xPtJWB3jW/kXjtPyWjpzGndaPQ0WgXkbf8fvIuB3NJTTcZ7PeIKnLaMIzT5XN
CR+xobvdC8J9d6k84/q/laJKF3G8KbRGPNwnoVg1cwWFez+dzqo2ypcTtv/20yAm
z86EvuohZoWrtoWvkZLCoyxdqO93ymEjgHAn2bsIWyOODtXovxAJqPgk3dxM1f9P
AEQwc1bG+Z/Gc1Fd8DncgxyhKSQzLsfWroTnIn8wsnmhPJtaZWNuT5BJa8GhnzX0
9g6nhbk=
---- END SSH2 PUBLIC KEY ----
2. Format OpenSSH (équivalent de l’exemple ci-dessus)
ssh-rsa AAAAB3NzaC1yc2EAAAABJQAAAgEAiL0jjDdFqK/kYThqKt7THrjABTPWvXmB3URIpGKCP/jZlSuCUP3Oc+IxuFeXSIMvVIYeW2PZAjXQGTn60XzPHr+M0NoGcPAvzZf2u57aX3YKaL93cZSBHR97H+XhcYdrm7ATwfjMDgfgj7+VTvW4nI46Z+qjxmYifc8uVELolg1TDHWY789ggcdvy92oGjB0VUgMEywrOP+LS0DgG4dmkoUBWGP9dvYcPZDUF4q0XY9ZHhvyPWEZ3o2vETTrEJr9QHYwgjmFfJn2VFNnD/4qeDDHOmSlDgEOfQcZIm+XUOn9eVsv//dAPSY/yMJXf8d0ZSm+VS29QShMjA4R+7yh5WhsIhouBRno2PpEVVb37Xwe3V6U3o9UnQ3ADtL75DbrZ5beNWcmKzlJ7jVX5QzHSBAnePbBx/fyeP/f144xPtJWB3jW/kXjtPyWjpzGndaPQ0WgXkbf8fvIuB3NJTTcZ7PeIKnLaMIzT5XNCR+xobvdC8J9d6k84/q/laJKF3G8KbRGPNwnoVg1cwWFez+dzqo2ypcTtv/20yAmz86EvuohZoWrtoWvkZLCoyxdqO93ymEjgHAn2bsIWyOODtXovxAJqPgk3dxM1f9PAEQwc1bG+Z/Gc1Fd8DncgxyhKSQzLsfWroTnIn8wsnmhPJtaZWNuT5BJa8GhnzX09g6nhbk=

Les deux formats sont plutôt similaires.
Pour obtenir une clé au format OpenSSH depuis une clé au format SSH2, il suffit de supprimer la première et dernière ligne  » —- **** SSH2 PUBLIC KEY —-  » et la ligne  » Comment: « .
Puis de retirer les sauts de ligne pour tout mettre sur une seule ligne par clé.
Chaque clefs devra commencer par (à modifier suivant le type de clef) « ssh-rsa ».

3. Convertir une seule clé SSH2 vers OpenSSH
ssh-keygen -i -f clef_ssh2.pub
4. Convertir toutes les clés *.pub d’un répertoire et les afficher
for i in `ls -1 *pub`; do echo "$(ssh-keygen -i -f $i) $i"; done
5. Convertir toutes les clés SSH2 du répertoire et les ajouter directement dans ~/.ssh/authorized_keys
for i in `ls -1 *pub`; do echo "$(ssh-keygen -i -f $i) $i" >> ~/.ssh/authorized_keys; done